Une psychanalyse, pour quoi faire ?

Freud définit la psychanalyse de trois manières différentes.

Il s’agit :

- D’un procédé pour l’investigation de processus mentaux à peu près inaccessibles autrement ;

- D’une méthode fondée sur cette investigation pour le traitement de désordres névrotiques ;

- D’une série de conceptions psychologiques acquises par ce moyen et qui s’accroissent ensemble pour former progressivement une nouvelle discipline scientifique.

Pourquoi consulter ? Quand on ressent un mal-être, qui souvent perdure depuis des années, on éprouve un jour le besoin d’en parler à quelqu'un d’extérieur, une personne neutre, qui vous aidera à comprendre ce qui se passe. Cependant, la démarche n’est pas facile à entreprendre et il est fréquent que la prise de rendez-vous avec un psychologue psychanalyste constitue une étape d’autant plus difficile à franchir, qu’au départ, on pensait pouvoir s’en sortir seul.

Le psychologue psychanalyste est justement formé à l’écoute de la souffrance. En recevant la parole du patient, il lui permettra peu à peu de comprendre son histoire, de se comprendre. Le moment venu, il lui proposera des interprétations pertinentes qui donneront sens au discours et rendront possible la prise de conscience des représentations et des répétitions, levant ainsi progressivement les symptômes.

Premiers entretiens. Une fois les premières résistances surmontées et le rendez-vous pris, les premiers entretiens se déroulent en face à face. Ces entretiens doivent permettre au psychanalyste et au patient de faire connaissance. Pour le psychanalyste, il s’agit, à partir de ce que lui livre spontanément le patient, d’évaluer son fonctionnement psychique actuel pour lui proposer le mode de traitement le plus adapté à sa problématique. Le silence relatif de l’analyste favorise le libre déploiement de la parole du patient, mais ce silence ne doit pas être obstiné, car si certains patients associent facilement, d’autres ont besoin d’un étayage important. La façon dont se sera déroulé ce premier entretien déterminera chez le patient son désir d’entamer ou non un travail avec ce psychanalyste. En effet, un travail sur soi, psychanalyse ou psychothérapie, suppose une relation de confiance profonde entre le patient et l’analyste.

Le travail psychanalytique consiste à interroger son histoire, la façon dont on se perçoit et dont on perçoit les autres et le monde qui nous entoure, pour découvrir l’origine inconsciente de ses symptômes et de sa souffrance. Le patient doit respecter la « règle fondamentale » en associant librement, c'est-à-dire en verbalisant tout ce qui lui vient à l’esprit lors de la séance, même ce qui lui paraît désagréable, incongru ou inconvenant. Ceci est destiné à favoriser l’éclosion de processus inconscients, parmi lesquels les rêves, les lapsus et les actes manqués qui seront analysés et interprétés. Le travail psychanalytique vise à l’autonomie du sujet, qui doit être capable, non plus de subir son histoire, mais de la vivre à la première personne.

A l’issue des premiers entretiens, en fonction de ce qu’il aura entendu et observé, le psychanalyste pourra proposer deux types de cadres de travail psychanalytique différents :

- La psychanalyse, ou cure classique, nécessite trois ou quatre séances hebdomadaires de 45 minutes, allongé sur le divan, ce qui favorise la détente musculaire, facilite la régression et permet un travail en profondeur. C’est un travail de longue haleine qui nécessite un engagement sur plusieurs années. 

- La psychothérapie en face à face, à raison d’une ou deux séances par semaine, parfois trois, permet également un travail sur soi. En mettant en jeu la présence physique, visuelle, du psychanalyste, elle offre au patient un support narcissique rassurant. Une psychothérapie peut durer de quelques mois à plusieurs années.

Quel que soit le cadre retenu, la fréquence et la régularité des séances assurent la continuité du processus. Un rythme soutenu (plusieurs séances par semaine) permet d’avancer plus vite en limitant les résistances.

La durée de l’analyse dépend nombreux facteurs, dont la problématique de départ et l’ampleur du travail à accomplir, les résistances au travail, les objectifs personnels de l’analysant. Il arrive que l’analysant souhaite interrompre prématurément son traitement. Si le psychanalyste peut alors juger inopportun de mettre fin au travail, il est de son devoir de le faire savoir à l’analysant, mais il ne peut nullement empêcher celui-ci d’en décider autrement.

Fin de l’analyse. On considère que l’analyse est terminée quand l’analysant « ne souffre plus de ses symptômes et a surmonté ses angoisses comme ses inhibitions » et que « l’analyste juge que chez le patient tant de refoulé a été rendu conscient, tant d’incompréhensible élucidé, tant de résistance intérieure vaincue, que l’on n’a pas à craindre la répétition des processus pathologiques en question » (Freud). On comprend donc qu’un travail analytique prenne du temps. Lorsque le processus se déroule normalement, la fin de l’analyse, c'est-à-dire la fin du travail en commun de l’analysant et de l’analyste, est décidée d’un commun accord entre les deux protagonistes.

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